25,7 %
ont présenté au moins un trouble mental dans les 12 derniers mois
Enquête OVE 2018 · 8 875 étudiants
🧠 Semaine de la santé mentale · Sciences Po
Un atelier pour repérer ce qui fragilise ou protège ta santé mentale, et repartir avec quelques outils simples et un plan réaliste.
1 · La santé mentale des étudiants
La santé mentale, ce n’est pas seulement l’absence de maladie. Et les difficultés sont fréquentes dans l’enseignement supérieur.
25,7 %
ont présenté au moins un trouble mental dans les 12 derniers mois
Enquête OVE 2018 · 8 875 étudiants
37 %
se sont sentis tristes, déprimés ou sans espoir dans le mois précédent
Enquête OVE 2018
16,6 %
évoquent fatigue, stress et épuisement
Enquête OVE 2018
≈ 30 %
présentent des symptômes dépressifs, dont près de 6 % un épisode dépressif majeur
💡 Ces chiffres disent surtout une chose : traverser des difficultés pendant ses études est courant. Ce n’est ni une faiblesse, ni une fatalité. Et on peut agir.
1 · La santé mentale des étudiants
Enquête auprès de 927 étudiants primo-entrants : la première année concentre beaucoup de tensions.
Spitz et al., 2007.
1 · La santé mentale des étudiants
Les chiffres du livre datent de 2018-2019. Le rapport Nightline Europe 2025 montre une nette dégradation depuis la crise sanitaire.
Dépression chez les 18-24 ans en France
20,1 %
2018
36,6 %
2021
Le taux a presque doublé en trois ans, plus nettement que dans le reste de la population.
La France fait partie des pays européens où la dégradation semble la plus marquée, sans que l’accès aux soins ait suivi.
Source : Nightline Europe, European Student Mental Health Report, 2025, d’après des enquêtes nationales.
1 · La santé mentale des étudiants
Plus d’un étudiant sur cinq ayant un problème de santé mentale déclare ne pas demander d’aide.
Après une dépression dans l’année, part des personnes qui ont eu recours à des soins
Ce qui freine
🤐
La stigmatisation
Peur du regard des autres
🗺️
La méconnaissance
Ne pas savoir que ces services existent
⏳
Le temps et le coût
Un emploi du temps déjà plein, un budget serré
🎓
La crainte de conséquences
Sur sa scolarité
1 · La santé mentale des étudiants
Un modèle à trois niveaux pour situer l’atelier d’aujourd’hui.
Niveau 1 · Prévention universelle
Pour tous les étudiants. C’est ici que se situe cet atelier.
Niveau 2
Prévention ciblée
Niveau 3
Soins
2 · Comprendre
Le parcours académique est tout sauf un long fleuve tranquille. Qu’est-ce qui te demande le plus d’adaptation ?
🧳
Autonomie
Tout organiser soi-même : emploi du temps, repas, budget.
📚
Charge de travail
Un rythme et des attentes nouveaux, parfois sans repères.
🎭
Nouveaux codes
Culture de l’établissement, normes sociales, langage.
🤝
Relations à reconstruire
Trouver un groupe, une communauté. Le manque d’appartenance pèse.
🏠
Éloignement
Les proches, la famille, le « mal du pays », le choc culturel.
💶
Finances
Équilibrer son budget, parfois soutenir sa famille à distance.
🪞
Légitimité
Pression, remise en cause de son orientation, doute sur sa place.
2 · Comprendre
Pas deux cases « va bien » ou « va mal ». Une représentation qui peut varier selon la culture et la famille, et qui bouge au fil du temps.
Solide, stable
En bonne santé
Je me sens plutôt bien. Le soutien du quotidien suffit : amis, famille, habitudes de vie.
Se déplacer sur ce curseur est normal. Ce qui compte, c’est de s’en rendre compte et d’ajuster le soutien.
2 · Comprendre
Ma santé mentale ne dépend pas seulement de ma capacité à « bien gérer ». Elle se joue à trois niveaux, qui interagissent.
🧠
Ce qui dépend de moi
Niveau individuel
💬
Les personnes sur qui m’appuyer
Niveau social et relationnel
🏛️
Ce que mon environnement facilite
Niveau environnemental
Trois besoins psychologiques à nourrir :
🕹️ Autonomie💪 Compétence🫶 Intégration sociale3 · Prendre soin de ses bases
Pyramide de Maslow : les besoins supérieurs ne deviennent motivants que lorsque les besoins fondamentaux sont, au moins en partie, satisfaits.
Ce qui en découle, au quotidien
Nutrition
Activité physique
Eau
Sommeil
Écrans et médias
Relations sociales
Des facteurs de protection, pas des prescriptions morales : chacun fait ce qu’il peut avec ses contraintes.
3 · Prendre soin de ses bases
Deux idées pour limiter le stress : le locus de contrôle et l’état d’esprit de croissance.
Locus de contrôle · Rotter, 1954
Interne
« Ce qui m’arrive dépend de mes choix et de mes actes. »
Sentiment de pouvoir influencer ses résultats.
Externe
« Ce qui m’arrive dépend des circonstances, du hasard ou des autres. »
Peut nourrir l’impuissance et l’anxiété.
Mindset
Capacités fixes
« Je suis comme ça, je n’y arriverai pas. »
État d’esprit de croissance
« J’ai de l’impact : mes compétences se développent avec le travail et l’apprentissage. »
Comprendre son locus de contrôle aide à mieux interpréter ses succès et ses échecs, et à renforcer son autonomie.
4 · Repérer
Le stress n’est pas un ennemi : c’est un système d’alarme. Le problème, c’est quand il ne s’éteint plus.
🎬
Situation
Un examen, un oral, une déception, un changement.
🤔
Évaluation
Menace ou défi ? « Est-ce que j’ai les ressources ? »
🔔
Alarme
Le corps se mobilise : cœur, souffle, tension.
🎭
Réactions
Pensées, émotions, comportements : agir, fuir, se figer.
🌿
Récupération
Retour au calme. Sans elle, la surcharge s’installe.
Stress utile
Il mobilise, puis retombe.
Surcharge prolongée
La récupération ne vient plus.
Épuisement
Les ressources sont à plat.
Deux types de stress chez les étudiants : le stress récurrent des études (peur de l’échec, sommeil, pression sociale ou parentale, financement) et des facteurs plus récents (logement, renoncement aux soins, cours à distance).
4 · Repérer
Je repère mes signaux précoces dans six domaines. Plus tôt je les vois, plus j’ai de marge pour agir.
🟢
Vert
Je dors à peu près bien, j’ai de l’énergie, je garde des liens et du plaisir.
🟠
Orange
Sommeil perturbé, irritabilité, concentration difficile, envie de m’isoler, tout reporter.
🔴
Rouge
Épuisement persistant, détresse, perte de sens. J’en parle à quelqu’un maintenant.
À observer dans :
5 · Les outils
La psychologie positive est une démarche scientifique. Ni injonction au bonheur, ni déni des difficultés : elle décrit ce qui favorise le bien-être.
Émotions positives
Plaisir, joie, petits moments agréables.
Engagement
Être absorbé·e dans une activité : le flow.
Relations positives
La qualité des liens, très protectrice.
Sens
Mes actions comptent, en lien avec mes valeurs.
Accomplissement
Maîtrise, progression, projet qui me tient à cœur.
💪 Mes forces personnelles
Une force, c’est une manière de penser, ressentir ou agir qui donne de l’énergie. Les mobiliser consciemment améliore l’estime de soi et la vitalité. Un questionnaire gratuit existe : viacharacter.org/survey.
🙏 La gratitude
Notre attention capte plus facilement ce qui va mal. Noter 3 moments satisfaisants chaque jour la rééquilibre. C’est la régularité qui compte, pas l’intensité.
5 · Les outils
Cinq ressources qui se renforcent mutuellement : en travailler une a des effets sur les autres.
Optimisme
Anticiper des issues positives.
Espoir
Un but, des chemins, un plan B.
Efficacité personnelle
Croire en sa capacité à réussir.
Estime de soi
La valeur que je m’accorde.
Résilience
Un processus qui se développe, pas un trait.
5 · Les outils
Lutter contre une pensée ou une émotion tend à la renforcer. Deux approches proposent un autre rapport à ce qui se passe en moi.
🌬️
Pleine conscience
Porter son attention sur le moment présent, sans jugement : intention, attention, attitude. Même quelques minutes de respiration aident, et ça se travaille comme un muscle.
À tester maintenant : 2 minutes d’ancrage dans la respiration.
🧩
Défusion
Prendre du recul sur ses pensées : ce sont des événements mentaux, pas des vérités.
« Je suis nul·le. »
→ « J’ai la pensée que je suis nul·le. »
🧭
Valeurs, pas seulement objectifs
Un objectif est une destination, une valeur est une boussole.
Objectif : « réussir mon semestre »
Valeur : « apprendre sérieusement », « prendre soin de mes relations »
Des outils à expérimenter, pas des solutions universelles : ils ne remplacent pas un accompagnement professionnel.
5 · Les outils
Il ne s’agit pas toujours de mieux se contrôler. La compétence, c’est de choisir et combiner les réponses selon la situation.
Puis-je agir sur la situation ?
→ Je définis une petite action concrète.
Dois-je d’abord traverser l’émotion ?
→ Je choisis une pratique de régulation ou de récupération.
Ai-je besoin de ne pas rester seul·e ?
→ Je cherche du soutien : un proche, un pair, un professionnel.
On peut aussi demander que l’environnement évolue : qu’est-ce qui, à Sciences Po, facilite ou complique ton adaptation ?
6 · S’appuyer
Le tutorat et le mentorat entre étudiants ne sont pas réservés aux étudiants « en difficulté ».
🧠
Cognitif
Des méthodes de travail et une aide pour donner du sens à ses études.
🫶
Social
Un espace pour confier ses difficultés à quelqu’un qui est passé par là.
🏛️
Institutionnel
Un lien avec une institution qui peut sembler étrangère.
Satisfaction élevée chez les étudiants tutorés (autour de 85 %). Sciences Po est citée comme l’un des pionniers français du tutorat entre pairs. Plus tôt on y a recours, mieux c’est.
6 · S’appuyer
Demander de l’aide tôt, c’est normal et malin. En cas de détresse ou d’urgence, parle à quelqu’un dès maintenant.
🏛️À Sciences Po : le Service de santé étudiante (SSE)
🆓Un psychologue, sans avance de frais
📍Centres d’accueil gratuits
📞Lignes d’écoute
🔎Pour s’y retrouver
🎮
Après l’atelier, fais le point pour toi, quand tu veux : un quiz de 2 minutes. Ta météo du jour, tes trois cercles de protection, et un petit pas à tester.
Pour finir
Choisis une seule chose à tester dans les 7 jours, et une personne ressource.
« Le plus petit pas possible que je peux faire cette semaine, c’est… »
Merci ! Dernière chose : l’évaluation flash en trois questions. 📝
Sources : R. Shankland, C. Gayet, N. Richeux, La santé mentale des étudiants, Elsevier Masson, 2022 · Nightline Europe, European Student Mental Health Report, 2025.
